Le statut de Docteur Junior (DJ) existe depuis 2020 dans plusieurs spécialités médicales, mais à partir du 2 novembre 2026, il s’étend à la médecine générale avec la mise en place d’une 4e année. La première promotion de novembre 2026 devrait compter environ 3 000 DJ, dont 80 % exerceraient dans des déserts médicaux [1].
Cette nouvelle année de formation, appelée phase de consolidation, se déroule, sauf exception, en cabinet libéral, maison de santé pluriprofessionnelle ou centre de santé. Les Docteurs Juniors y exercent en autonomie supervisée, sous la responsabilité d’un médecin généraliste ayant le statut de Praticien Agréé Maître de Stage des Universités (PAMSU), aussi nommé Maître de Stage des Universités (MSU).
Pour les médecins libéraux qui souhaitent les accueillir, plusieurs questions pratiques se posent : quelles sont les conditions à remplir ? Quelle rémunération est prévue ? Comment organiser les consultations, la supervision et la facturation ?
Un Docteur Junior est un étudiant en 3e cycle des études médicales ayant déjà réalisé ses 3 années d’internat et soutenu sa thèse d’exercice. Il possède donc le titre de docteur en médecine mais n’a pas encore validé son Diplôme d’Études Spécialisées (DES).
Pour obtenir celui-ci, la réforme prévoit une 4e année d’études correspondant à une phase de consolidation qui vise à renforcer la formation pratique en soins primaires et à préparer les futurs généralistes à l’exercice autonome.
Le Docteur Junior peut réaliser des consultations et des actes médicaux dans le cadre de son autonomie supervisée. Le médecin maître de stage reste disponible pour répondre à ses questions et intervenir lorsque la situation l’exige.
Pour recevoir et superviser un DJ dans son cabinet, le médecin généraliste doit :
Accueillir un DJ donne droit à plusieurs formes de rémunération pour le maître de stage. Certaines sont fixes, comme les honoraires pédagogiques, tandis que d'autres dépendent du lieu d'exercice, de l'activité du Docteur Junior ou de sa participation à la permanence des soins. Un maître de stage peut superviser jusqu'à deux DJ simultanément, sous réserve de respecter les conditions d'encadrement.
D’autres compensations peuvent s’appliquer selon les situations et les régions. Certaines proposent notamment une aide pour l’installation du Docteur Junior (achat de matériel informatique, d’un logiciel médical, etc.). De plus, un forfait plancher de sécurité de 1 200 € a été prévu en cas d’absence du Docteur Junior supérieure à 1 mois.
Les sommes récupérées par le PAMSU sont distinctes de la rémunération du Docteur Junior qui est versée par son CHU de rattachement. En effet, il ne perçoit pas directement les honoraires des consultations qu’il réalise, mais un salaire mensuel de 2 375 € brut, auquel s’ajoutent la prime d’autonomie supervisée de 5 000 € par an et la prime d’activité de 500 € par semestre. En fonction du lieu de son exercice et de sa participation à la PDSA, le DJ peut percevoir des rémunérations supplémentaires.
L’accueil d’un DJ nécessite quelques ajustements dans l’organisation du cabinet. Contrairement à un interne en début de formation, il est amené à réaliser ses propres consultations en autonomie supervisée. Le maître de stage doit donc lui permettre de travailler dans de bonnes conditions, tout en restant disponible pour l’accompagner.
Plusieurs aspects sont à anticiper avant son arrivée.
Au-delà de ces aspects matériels et organisationnels, il est utile de prévoir un temps d’accueil pour présenter au Docteur Junior le fonctionnement du cabinet, les habitudes de l’équipe et les procédures internes. Cette première étape lui permettra de prendre plus rapidement ses marques et de commencer son activité dans un cadre clairement défini.
Le PAMSU doit fournir au Docteur Junior un accès dédié au logiciel médical du cabinet, avec des droits adaptés à ses fonctions. Il doit pouvoir consulter et compléter les dossiers patients, rédiger ses comptes rendus et effectuer les prescriptions autorisées dans le cadre de son activité.
Grâce à sa Carte de Professionnel de santé en Formation (CPF) et son numéro d’Assurance maladie, le Docteur Junior peut réaliser ses propres facturations, télétransmissions et accéder à la MSSanté, au DMP et aux divers téléservices Amelipro.
Pour faciliter l'équipement des cabinets qui accueillent un docteur junior, CompuGroup Medical propose des offres dédiées sur ses logiciels médicaux HelloDoc et AxiSanté.
Le cabinet peut prévoir des plages spécifiques ou un agenda dédié. Il faut identifier clairement le praticien qui reçoit le patient et organiser les temps de supervision. Si le cabinet utilise la prise de rendez-vous en ligne, les modalités d’accès doivent être vérifiées.
Pour accompagner la gestion des rendez-vous, CompuGroup Medical propose plusieurs solutions complémentaires :
Pour faciliter ses premières consultations en autonomie, le DJ peut s’appuyer sur des outils numériques comme un Assistant de Consultation basé sur l’intelligence artificielle.
Cet outil retranscrit les échanges avec le patient et génère automatiquement un compte rendu structuré, que le médecin peut ensuite relire, modifier et valider avant de l'intégrer au dossier médical.
Le Docteur Junior peut ainsi se concentrer davantage sur l’écoute et l'examen du patient, tout en réduisant le temps consacré à la rédaction des comptes rendus. Un moyen de gagner en efficacité, de limiter sa charge mentale et de prendre progressivement ses marques dans l'exercice de la médecine générale, tout en conservant la maîtrise de ses décisions médicales.
L’arrivée des Docteurs Juniors en médecine générale représente une évolution importante, tant pour la formation des futurs médecins que pour les cabinets qui les accueillent. Si elle demande une certaine préparation, cette nouvelle organisation peut aussi être une opportunité pour les maîtres de stage. Accueillir un DJ, c’est participer activement à la formation de la prochaine génération de généralistes, transmettre son expérience et bénéficier d’un regard neuf sur sa pratique. C’est aussi l’occasion de développer une collaboration qui peut, à terme, déboucher sur un remplacement, une association ou une installation.
À plus grande échelle, cette quatrième année d’internat pourrait également contribuer à améliorer l’accès aux soins, notamment dans les territoires où les médecins manquent. En permettant aux futurs généralistes de découvrir l’exercice libéral et de tisser des liens avec les professionnels et les patients d’un territoire, le dispositif entend favoriser leur installation à l’issue de leur formation.