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Alors que l’intelligence artificielle occupe une place croissante dans le domaine de la santé, les soignants comme les patients commencent à se positionner sur ses usages, sa fiabilité et les risques qu’elle comporte. Cet article propose une synthèse de ces regards croisés, avec de nombreux chiffres issus de l’édition 2025 du baromètre IA et data en santé proposé par l’ACSEL [1], l’association de l’économie numérique.
L’IA en santé est aujourd’hui une expression générique englobant de nombreux usages, dont voici les plus grandes catégories :
Pour les professionnels de santé, l’IA apparaît rarement comme un outil isolé, mais plus généralement comme une fonctionnalité ajoutée aux systèmes existants : PACS, DPI, logiciel médical, plateforme de télémédecine, etc.
Du côté des patients, elle se manifeste davantage à travers des applications, des dispositifs connectés ou encore, dans un usage personnel, des agents conversationnels de type ChatGPT.
Entre confiance et crainte, le cœur des Français balance. Une majorité de patients sont emballés par le recours à l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé, mais la conscience de certains risques est bien présente.
Bien qu’ils soient accessibles au grand public depuis peu de temps, les outils d’intelligence artificielle sont déjà bien investis par les Français. 45 % d’entre eux déclarent utiliser des outils IA pour des questions relatives à leur santé, dont 10 % quotidiennement et 23 % se servent d’IA génératives comme ChatGPT.
L’IA en santé inspire relativement confiance, particulièrement lorsqu’elle est exploitée par les soignants. En effet, 58 % des Français déclarent avoir confiance dans l’usage de l’IA en santé et 69 % lorsque ce sont les professionnels de santé qui l’utilisent.
Cependant, si une grande majorité des patients n’ont pas d’objections face à l’utilisation d’outils IA, ils attendent de la transparence de la part des soignants. 84 % des Français désirent être informés par les professionnels de santé lorsque ceux-ci utilisent l’IA lors de leur prise en charge. Pourtant, seulement 55 % de ces derniers déclarent effectivement le faire.
Cette adhésion reste cependant conditionnelle. Malgré la confiance déjà acquise, plusieurs préoccupations subsistent. La première concerne le traitement des données de santé : 55 % des Français déclarent en effet que l’usage de l’IA en santé comporte des risques sur ce point.
Ces craintes sont tout à fait légitimes. La cybercriminalité est en augmentation constante et les fuites de données sont devenues monnaie courante. En parallèle, l’exploitation des données manque de transparence chez certains éditeurs ne répondant pas aux normes européennes.
Où sont-elles hébergées ? Sont-elles revendues à des acteurs privés ? Sont-elles utilisées pour entraîner les algorithmes ? Patients et professionnels de santé doivent s’assurer d’obtenir des réponses claires à ses questions avant d’utiliser un outil d’intelligence artificielle en santé. Toutefois, tous semblent bien conscients de ces problématiques. En effet, 94 % des professionnels de santé et 86 % des Français souhaitent privilégier des outils d’IA français ou européens.
Les patients s’inquiètent d’autres risques :
De leur côté, les médecins, paramédicaux et autres soignants ont une vision globalement positive de l’arrivée de cette technologie : 89 % d’entre eux pensent que l’IA en santé est une bonne chose et 90 % déclarent que l’IA a vocation à devenir incontournable dans les prochaines années en santé.
Cependant, ils partagent les mêmes préoccupations que les patients à propos du traitement des données de santé qu’ils considèrent comme un problème majeur : 89 % des professionnels de santé pensent que l’usage de l’IA en santé comporte des risques liés au traitement des données.
L’arrivée de l’IA a eu un impact sur l’ensemble des professionnels de santé : 90 % d’entre eux déclarent utiliser des outils IA dans leur pratique, et 32 % de manière quotidienne. 93 % de ceux utilisant l’IA se servent au moins d’un outil d’IA générative et 84 % ont recours à ChatGPT.
Les outils IA capables d’automatiser ou de simplifier les tâches administratives, comme les assistants de consultation, sont bien accueillis, dans la mesure où ils permettent d’allouer plus de temps au soin, au suivi et à la relation avec le patient. 56 % des professionnels de santé estiment que l’IA leur fait gagner du temps dans leur pratique et 70 % pensent que le domaine où l’IA est la plus efficace est la réduction des tâches administratives.
Les professionnels de santé voient l’intelligence artificielle comme un outil efficace à partir du moment où il est exploité de la bonne manière. Utilisée par les patients de façon autonome et sans l’avis expert et éclairé d’un médecin, l’IA ne fait plus l’unanimité. En effet, 77 % des professionnels de santé déclarent avoir confiance dans l’usage de l’IA en santé et 84 % lorsqu’ils l’utilisent eux-mêmes, mais seulement 26 % lorsque ce sont les patients qui y ont recours.
Maîtrise purement technique de certains outils, problématiques de biais et de discrimination, erreurs et hallucinations, protection des données personnelles : les problématiques à aborder sont nombreuses avant toute utilisation de l’intelligence artificielle en santé.
Cette technologie puissante, mais encore nouvelle, nécessite une formation solide, afin de limiter les risques évoqués plus haut. Les professionnels de santé semblent tout à fait conscients de cette réalité : seulement 37 % des professionnels de santé estiment qu’ils sont bien formés sur l’utilisation des outils IA et 93 % souhaitent être davantage formés.
L’IA en santé est loin d’être confrontée à un rejet de principe, mais soignants et patients n’y voient pas non plus une solution miracle. Certains bénéfices concrets sont déjà là, comme la réduction du temps administratif, mais les conditions posées par les utilisateurs sont claires : transparence sur les données, maintien du lien humain, fiabilité des outils et formation adaptée. La question n’est plus de savoir si l’IA fera partie du paysage, mais comment l’organiser pour qu’elle reste au service du soin, et non l’inverse. C’est tout l’enjeu des prochaines années : structurer et encadrer les usages, outiller les soignants et rassurer les patients sur la maîtrise du processus de traitement de leurs données personnelles.