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«Nous voyons une réelle dynamique pour changer les choses et aller vers une uniformisation des systèmes et des logiciels de santé interopérables.»

17 juillet 2022 | CompuGroup Medical
Bannière article parole médecin interview e-santé experts

Interview du Dr Patrick Gasser, médecin gastro-entérologue et Président du syndicat de médecins spécialistes Avenir Spé.

Véritable accélérateur du virage numérique en Santé, le Ségur de la Santé a été lancé par le ministère des Solidarités et de la Santé avec l’objectif de favoriser et fluidifier les échanges entre les professionnels de santé, tout en sécurisant le partage des données de santé numérisées grâce à une harmonisation et une optimisation des outils numériques. Pour cela, 2 milliards d’euros ont été accordés aux professionnels de santé et aux éditeurs de logiciels. Échange avec le Dr Patrick Gasser, médecin gastro-entérologue et Président du syndicat de médecins spécialistes Avenir Spé.

 

Quelle est votre vision de la e-santé ?

Dr. Patrick Gasser : Aujourd’hui, la e-santé est incontournable, ou va le devenir, en tant qu’outil de prise en charge de nos patients, que ce soit par le biais de la téléconsultation ou le télésoin. La e-santé fait ainsi partie de la boîte à outil des professionnels de santé et va devenir de plus en plus importante dans la prise en charge, que ce soit dans les rapports avec nos patients ou dans les interactions entre les professionnels de santé.

« La e-santé fait ainsi partie de la boîte à outil des professionnels de santé »

L’intelligence artificielle demain, et même aujourd’hui, nous aidera aussi à la prise en charge, au diagnostic et surtout à la personnalisation des prises en charge de nos patients et des concitoyens en général.

 

Quelle est votre vision du Ségur de la santé ? 

Dr. PG : Le Ségur de la santé est un vecteur pour la diffusion et la dynamique de l’ensemble de l’environnement santé mais aussi pour établir, à l’avenir, les outils indispensables aux professionnels de santé pour une prise en charge de qualité des patients. La mise en place de l’espace personnel de santé, Mon espace santé, est importante et sera, pour les médecins, un élément décisif, s’il est bien construit, d’une vraie personnalisation de la prise en charge des patients.

 

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Sur le déroulement, il y a une part importante de la construction des outils qui doit être faite par les industriels. Ce que je souhaite développer, c’est plus un partenariat entre les éditeurs de logiciels et le terrain. Car lorsque nous abordons le sujet de la R&D, il nécessaire de se baser sur l’avis et le retour de l’utilisateur pour construire un outil utile au plus près des nouveaux usages. Or aujourd’hui, nous manquons d’échanges plus dynamiques entre les éditeurs et les utilisateurs.

« La mise en place de Mon espace santé est importante et sera, pour les médecins, un élément décisif, s’il est bien construit, d’une vraie personnalisation de la prise en charge des patients. »

 

Que pensez-vous du tournant numérique de la santé en France ? 

Dr. PG : A-t-on vu un vrai changement aujourd’hui ? Ce tournant est lent. Il y a sûrement des résistances au changement. Surtout lorsqu’on voit les différentes régions qui essaient de construire leurs propres outils numériques, lesquels ne répondent pas aux usages des utilisateurs, au lieu d’utiliser celui qui a été créé par l’État. En ce sens, je pense que l’on a erré.

Aujourd’hui, avec les équipes pilotées par Dominique Pons, nous voyons une réelle dynamique pour changer les choses et aller vers une uniformisation des systèmes et des logiciels de santé interopérables. Il faut désormais faire en sorte que les régions s’approprient les évolutions souhaitées et créées par le Ségur du numérique et ainsi que l’ensemble des professionnels de santé l’utilise. Cela est nécessaire pour stimuler la dynamique et permettra à terme des économies.

« Nous voyons une réelle dynamique pour changer les choses et aller vers une uniformisation des systèmes et des logiciels de santé interopérables. Il faut désormais faire en sorte que les régions s’approprient les évolutions. »

Il faut privilégier la simplicité d’utilisation et il est mieux d’avoir un seul outil que d’en avoir plusieurs. Ainsi, il est important que tous les acteurs continuent de se réunir pour construire un socle commun et l’adapter au fur et à mesure avec de nouvelles fonctionnalités, en fonction des retours utilisateurs.

 

Quelles sont les évolutions présentes et futures avec le Ségur de la santé ?

Dr. PG : Avec le Ségur de la santé, nous allons avoir une meilleure traçabilité, une meilleure personnalisation. Le grand défi du système est de savoir comment nous pouvons basculer dans la médecine des 5P (personnalisée, préventive, participative, prédictive avec des preuves). Le numérique peut nous amener à cette médecine. De fait, cette bascule va apporter, à l’ensemble des concitoyens et aux professionnels de santé, une plus grande facilité dans la gestion de la population.

 

Quels avantages et freins du Ségur pressentez-vous en tant que médecin ? 

Dr. PG : Le Ségur de la santé va permettre une plus grande transparence de la prise en charge du patient et une personnalisation de celle-ci.

« Au travers du Ségur, nous avons pris conscience qu’il fallait développer la e-santé et pour moi, il s’agit de l’élément clé du système. »

Le Ségur fait rentrer l’ensemble des acteurs dans le système et celui-ci n’est donc pas géré par un seul individu, le « sachant », mais laisse une place aux usagers, aux patients et aux industriels. Le Ségur peut ainsi servir à mettre en marche l’ensemble des acteurs en même temps. Au travers du Ségur, nous avons pris conscience qu’il fallait développer la e-santé et pour moi, il s’agit de l’élément clé du système.

En outre, aujourd’hui il y a un socle : Mon Espace Santé. Ce dernier est à la fois géré par les professionnels de santé et par le patient qui devient alors actif de sa santé. Avec cet espace, les échanges seront plus faciles à priori entre les différents acteurs et notamment entre les soignants. C’est ce qui importe aujourd’hui.  

Le point critique à soulever est le suivant : a-t-on bien intégré les utilisateurs, que sont les patients et les professionnels, dans la construction de cet espace ? Si ce n’est pas le cas, ce sera encore échec. Il ne faut pas que ce soit l’administration qui pilote le tout, il ne faut pas non plus que les échanges se fassent uniquement entre les industriels et l’Assurance maladie, il est nécessaire d’avoir un retour du terrain. Ainsi, tous les acteurs pourront avoir accès à un maximum de données exploitables afin d’améliorer les choses et faire des propositions.

 

Pourquoi un médecin a-t-il intérêt à passer à un logiciel Ségur selon vous ? 

Dr. PG : Les logiciels référencés Ségur de la santé vont amener une certaine forme d’accompagnement du professionnel de santé et répondre à un double objectif : la traçabilité du dossier patient et un gain de temps pour le professionnel de santé, cela de manière sécurisée et en toute simplicité.

Il est également important de faire le lien entre le domicile, le cabinet, l’hôpital et le médico-social pour la prise en charge des patients. Le Ségur doit avoir pour objectif ce lien entre les acteurs de santé pour garantir une certaine fluidité des partages.

Enfin, il permet de structurer le parcours de soin des patients. L’objectif étant d’avoir une pertinence des prises en charge au profit des patients.

 

En quoi le logiciel Ségur change-t-il la gestion de votre pratique médiale ? 

Dr. PG : Avec le logiciel Ségur, il y aura une certaine simplicité. L’objectif est de ne pas multiplier les actes sur l’outil de travail du médecin. Il doit servir à envoyer l’ensemble des données et les intégrer correctement dans Mon Espace Santé. Pour moi, j’y vois surtout un gain de temps et de traçabilité de l’ensemble des prises en charge des patients.

« [Avec le Ségur de la santé,] je vois surtout un gain de temps et de traçabilité de l’ensemble des prises en charge des patients. »

 

Comment les médecins devraient-ils être accompagnés ?  

Dr. PG : Est-ce que la dynamique des éditeurs de logiciels peut nous apporter quelque chose ? Oui, je le pense.

Une organisation comme la FEIMA (Fédération des Éditeurs d’Informatique Médicale et paramédicale Ambulatoire) a le pouvoir et surtout l’intérêt de diffuser et de faire migrer l’ensemble des logiciels vers des logiciels référencés Ségur pour répondre à une meilleure prise en charge et de meilleurs échanges.  

L’accompagnement des professionnels de santé par les éditeurs de logiciels doit se faire à travers deux leviers :

-          D’abord, en accompagnant leur client individuellement et en expliquant les étapes de ce qui a été fait et mis en place.

-          Ensuite, en restant vigilant sur le fait de ne pas confondre le cahier des charges de l’Assurance maladie et la décision d’augmenter les tarifs des logiciels. Sinon, il y a un risque d’engendrer de la méfiance vis-à-vis des professionnels de santé.

 

Par quoi va passer la e-santé dans les années à venir, et notamment en 2023 ? 

Dr. PG : La e-santé est le socle de la prise en charge des patients de demain. Il n’y aura pas de prise en charge pertinente, adaptée, prospective et de qualité sans utilisation de la e-santé demain. L’utilisation du numérique va nous permettre de passer plus de temps avec les patients.

Elle passera aussi par l’intelligence artificielle qui peut révolutionner la prise en charge des patients et être un élément participatif pour le patient.

 

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