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Interview du Dr. Pierre Simon: le Ségur de la santé vu par les médecins

24 mai 2022 | CompuGroup Medical
Bannière interview point de vue des médecins

Échange avec le Dr Pierre Simon, médecin néphrologue, juriste et ancien président de la Société française de télémédecine. 

Lancé par le ministère des Solidarités et de la Santé, le volet numérique du Ségur de la santé consacre 2 milliards d’euros aux professionnels de santé et aux éditeurs de logiciels métier pour généraliser, sur tout le territoire, le partage sécurisé des données entre professionnels et patients, grâce à une harmonisation et une optimisation des outils numériques. Quel regard portent les médecins sur ce virage numérique de la santé en France ? Parole au Dr Pierre Simon. 

 

Quelle est votre vision de la e-santé ? 

Dr. Pierre Simon : Aujourd’hui, on englobe souvent dans la e-santé les pratiques professionnelles de télésanté. Or, en tant que médecin, je note la différence entre les services de la e-santé et les pratiques de télésanté. Les services de la e-santé sont des services commerciaux proposés par les industriels et start-up du numérique. Les pratiques professionnelles en présentiel ou à distance qui utilisent les services de la e-santé sont du registre de la télésanté. 

 

Quel est l’apport du Ségur de la santé en termes de santé numérique ?  

Dr. PS : Le Ségur de la santé a financé les services de la e-santé et les a précisés. Le financement de 2 milliards d’euros des services vise, à travers les actions de la Délégation du Numérique en Santé (DNS), à rendre interopérables tous les logiciels métiers et les logiciels qui caractérisent les applications numériques avec la plateforme de Mon espace santé. C’est une réalisation phare de la transformation numérique de notre système de santé.  

Cet espace comprend 4 services aujourd’hui :

  • Le DMP (Dossier Médical Personnel) qui rassemble les données de santé générées dans un parcours de santé ou de soins des citoyens par les médecins (biologie, radiologie, comptes-rendus d’hospitalisation, etc.).
  • La MSSanté qui offre la possibilité de correspondre avec les professionnels de santé de façon sécurisée.
  • L’agenda qui permet d’aider les citoyens à gérer leurs rendez-vous avec un rappel de date, ce qui permettra d’éviter les oublis entrainant une perturbation dans l’organisation du travail des professionnels de santé.
  • Les applications numériques qui seront sélectionnées et labellisées par une commission. Elles ont pour objectif d’éduquer le patient (éducation thérapeutique, prévention) et de suivre les patients souffrant de maladies chroniques en particulier.

 

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Il y a également, dans cette transformation numérique, une plateforme dédiée aux professionnels de santé pour la réalisation des pratiques de télésanté. Des services seront présentés aux professionnels qui voudront pratiquer la télésanté, pas seulement des médecins, mais aussi des auxiliaires médicaux.  

Cette plateforme gérée par l’État est garantie en termes de sécurité, de fiabilité et d’agilité. Elle va offrir aux professionnels de santé les outils qui manquaient pour réaliser des pratiques de télémédecine et de télésoin.  

«Le Ségur de la santé permet à notre système de santé de se doter d’un ensemble de services lui permettant d’être souverain en matière de données de santé. Les professionnels de santé et les citoyens ont donc tout intérêt à utiliser ces services de santé proposés par l’État.»

D’autres services ont aussi été réalisés avec le financement du Ségur. 

  • L’extension de la messagerie sécurisée de santé des professionnels de santé en 2022.
  • La e-prescription, qui arrivera prochainement.

Ce sont des services socles qui vont permettre de travailler et de développer la santé numérique dans les prochaines années. On ne pouvait finaliser une telle offre de services que si les logiciels des éditeurs de santé étaient interopérables. C’est la condition de réussite, selon moi, du programme de transformation numérique de la santé.  

  

Que pensez-vous du tournant numérique de la santé en France ?  

Dr. PS : J’espère que le tournant qui a été pris par la Délégation du Numérique de la Santé va fédérer toutes les sociétés privées qui avaient développées leur propre système. En effet, l’État a créé l’urbanisation de la santé numérique en France. Il a donc défini un cadre de base garantissant fiabilité, sécurité et confidentialité, et offre aux différentes initiatives du privé la possibilité de rentrer dans ce cadre. J’espère que, progressivement, on va se rendre compte de l’intérêt d’utiliser cette urbanisation numérique.  

 

Quelles sont les évolutions présentes et futures avec le Ségur de la santé ? 

Dr. PS : Le Président Macron a annoncé dans son programme la volonté d’aboutir à une utilisation raisonnable et transparente des algorithmes dans le domaine de la santé, pour mieux gérer les différents services de la e-santé d’ici 2030. 

«Tous les industriels qui fournissent des produits de e-santé doivent dorénavant travailler sur la gestion des données de santé via les algorithmes de l'intelligence artificielle.»

On va donc rentrer très rapidement dans les applications d’intelligence artificielle qui n’ont pas été financées par le Ségur.

Cette évolution doit également être accompagnée d’une démarche éthique. De ce fait, la Délégation du Numérique en Santé a développé le concept d’éthique du numérique en santé pour que tous les industriels et start-up qui fournissent des services de e-santé respectent une éthique du numérique, que ce soit dans la gestion des données de santé, dans le respect des droits des patients ou dans le cadre des algorithmes de l’intelligence artificielle. Un équilibre doit donc être trouvé dans les prochaines années en complément de la bioéthique qui s’adresse aux professionnels de santé.  

 

Quels avantages et freins du Ségur pressentez-vous en tant que médecin ?  

Dr. PS : Suite à la crise Covid et la submersion des hôpitaux, une partie du Ségur a servi au financement des hôpitaux. Pour autant, un rééquilibre est en train de se faire au niveau de la médecine de ville avec le financement, par l’État, de toute la transformation des logiciels métiers faits par les éditeurs pour qu’ils soient interopérables avec les services que l’État offre aux citoyens.  

«L’amélioration du fonctionnement de la santé va se faire progressivement au fil des années.»

En termes de frein, nous sommes confrontés aux freins habituels de toute accélération d’une transformation.  Du côté citoyen, il y a le frein de ne pas ouvrir Mon espace santé. On sait aujourd’hui qu’il y a seulement 1,2 à 1,5 % de citoyens qui sont opposés à cet espace, mais ils pourront revenir sur cette offre s’ils décidaient finalement d’ouvrir leur espace. Il y a également les freins concernant l’accompagnement du changement. Les éditeurs ont ainsi toute l’année 2023 pour transformer leurs logiciels et les rendre interopérables. C’est un gros travail à faire, et ceux qui ne prendront pas ce tournant auront vocation à disparaître.  

Il est trop tôt cependant pour trouver un effet immédiat du Ségur dans le quotidien du médecin. Il s’agit d’un programme, d’un financement pour réussir la transformation numérique. Il faut rester confiant dans l’avenir et je pense que l’amélioration du fonctionnement de la santé va se faire progressivement au fil des années.  

 

Pourquoi un médecin a-t-il intérêt à passer à un logiciel Ségur selon vous ?  

Dr. PS : «Si [le médecin] veut véritablement travailler avec les infirmières, les pharmaciens et les autres auxiliaires médicaux qui participent au parcours de soins, il doit accepter l’offre du Ségur de la Santé en passant par l’adoption et l’utilisation d'un logiciel métier interopérable.» 

Le médecin doit prendre en considération le fait que les parcours de soins sont aujourd’hui pluriprofessionnels. S’il veut véritablement travailler avec les infirmières, les pharmaciens et les autres auxiliaires médicaux qui participent aux parcours de soins, il se doit d’accepter l’offre du Ségur de la santé en passant par l’adoption et l’utilisation d'un logiciel métier interopérable. Il est cependant essentiel de bien informer les professionnels de santé des enjeux du Ségur de la santé. 

 

Quel est le plus de CGM en termes d’accompagnement ?  

Dr. PS : Les éditeurs de logiciels ont un rôle à jouer puisqu’ils ont l’obligation de former les utilisateurs. Ils vont donc avoir la mission d’accompagner les médecins dans l’utilisation du nouveau logiciel métier. Ainsi, l’éditeur qui va recevoir une aide financière de l’Etat pour accomplir l’interopérabilité de son logiciel métier doit prévoir une part pour le temps qu’il va consacrer à les accompagner.  

CGM a une véritable vision de cette transformation numérique à travers Francis Mambrini (ndlr : Francis Mambrini est le National Manager Public Affairs France du groupe CGM) qui joue un rôle moteur dans cette transformation et à travers ses produits qui font la force de l’entreprise. De même, avec sa présence dans une quarantaine de pays et son rayonnement international, CGM a une expérience dans ses produits qui la rend efficace dans cette transformation.  

 

Quelle optimisation peut-on réaliser pour la e-santé dans les années à venir ?  

Dr. PS : Je pense qu’il faut que cette rencontre entre les industriels, professionnels de santé et patients – ce que je nomme le trépied de la réussite de la santé numérique au 21e siècle – amène à ce que tous ces acteurs travaillent ensemble. On va voir apparaître ainsi une meilleure collaboration entre les fournisseurs de services de e-santé, les professionnels de santé et les utilisateurs que sont les patients et les citoyens. 

 «[La] rencontre entre les industriels, professionnels de santé et patients – ce que je nomme le trépied de la réussite de la santé numérique au 21e siècle – [doit amener] à ce que tous ces acteurs travaillent ensemble.»

 

J’ai aussi l’impression que les gouvernants ont pris de bonnes initiatives notamment en créant Paris Santé Numérique qui est un lieu de rencontre entre les industriels, les professionnels et les associations de patients pour construire la santé de demain tout en étant en interconnexion, en dialogue transversal et non plus en silo uniquement.

 

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